Avec le mois de juillet, sonne l’heure des départs. Bermuda, tongs, maillots de bain, crème solaire… et surtout, n’oubliez pas le guide ! Oui, mais lequel ? Je ne puis que recommander le Géoguide, édité par Gallimard, auquel je collabore depuis sa création. A propos de création, une nouvelle forme de ce guide vient de sortir : le Géoguide coup de cœur. Comme son nom le laisse supposer, il rassemble les coups de cœur des auteurs du Géoguide tout court.

Je vais en profiter pour vous raconter comment se crée un guide et comment ça se fabrique – histoire de vous ôter quelques illusions sur ce travail fantas(ma)tique. Vous imaginez sans doute les auteurs comme des espèces de coqs en pâte, en balade, au restau et à l’hôtel tout le temps, comme vous en vacances ! Sauf que l’auteur lui, est au boulot, qu’il s’emm… à bouffer tout seul, à dormir dans des endroits pas toujours terribles et qu’entre-temps, il doit visiter plus de vingt lieux par jour. Impossible de prendre rendez-vous car le principe, c’est (théoriquement) de se pointer comme un quidam. Mais vous imaginez bien qu’au moment où on sort le carnet pour noter toutes les infos pratiques (jours et heures d’ouverture, en hiver, en été, mi-saison, les tarifs, etc…) il devient évident qu’on n’est pas un client lambda. Alors moi, je me présente (une fois que le lieu me plait et le patron.ne aussi) : « bonjour, je suis journaliste, en repérage pour un guide. Pouvez-vous me présenter le lieu et répondre à quelques questions ? ». En général, c’est oui. Mais je me rappelle une fois (à Moncontour), un bistrotier me dit « qu’est ce qui me le prouve ? ». Pfff… je sors ma carte de presse ou pas ? J’ai préféré lui dire que je ne vais pas perdre mon temps à la montrer à un type aussi désagréable à qui je ne demande que des infos – pas de me payer un coup !

Mais pour un crétin, on trouve (en moyenne) neuf personnes sympas. Parfois très très très sympas. Qui deviennent le maillon d’une chaîne d’informateurs grâce à qui ma route du jour se dessine. Ainsi, un potier de Trémargat m’envoie à une chambre d’hôte qui va me recommander un éleveur producteur dont la mère tient un bistrot ou un salon de thé lequel me branche sur un chocolatier ou un brasseur, etc… En chemin, il y a bien sûr les impondérables : musées, abbayes, églises, châteaux et quelques balades avec un guide nature. Pour les villes et les stations balnéaires, l’offre est si importante qu’on est obligé de passer par la case Office de tourisme, récupérer de la doc, des cartes et (éventuellement) des infos. Mais ça, c’est pas gagné ! Il y a un tel paquet de nunuches à bosser dans ces fameux « syndicats d’initiative ». Ah ah, des initiatives ! A part sortir une liste d’établissements, j’en ai vu peu. Dès qu’on pose des questions hors liste, c’est la panique. Une fois que je demandais une info précise sur un site, la nana me dit « excusez-moi, je ne suis pas d’ici ». « Ah bon, et vous arrivez d’où ? ». Elle habitait à 8 kms… La plupart du temps, les nunuches s’arrangent pour nous mettre dans les pattes de quelqu’un de « responsable ». Ouïe ! Là encore, le niveau de responsabilité est variable. Il y a bien sûr, des gens épatants, investis et aidants, mais parfois des incompétents qui abusent de leur pouvoir. Le pompon revient sans doute à la responsable d’une station balnéaire des Côtes d’Armor qui m’annonce qu’un hôtel sélectionné dans l’édition précédente avait fermé. Peu après, passant devant le dit hôtel, je vois sa porte ouverte. Je décide d’entrer pour peut-être rencontrer les nouveaux propriétaires et connaitre leur projet. Et là, stupeur, je vois la délicieuse dame qui tenait l’établissement depuis fort longtemps. Devant ma tête ahurie, elle me dit « et bien quoi, vous me regardez comme si j’étais un fantôme ». Je réponds « il y a un peu de ça, car on m’a dit que vous aviez quitté les lieux ». En souriant, elle me dit qu’elle ne les quitterait que les pieds devant et que « on » attendait ça avec impatience ! Histoire de clocher locale, sans doute… Mais manque de professionnalisme, sûrement !

Parmi les autres structures dont le guide/journaliste a grand besoin, il y a les comités départementaux de tourisme. Donc quatre en Bretagne administrative. Il m’arrivait souvent d’envoyer un mail aux attaché-e-s de presse des CDT. En schématisant un peu, le Finistère me répondait dans la journée, le Morbihan le lendemain, les Côtes d’Armor sous huitaine, et l’Ille-et-Vilaine, dans le mois… ou jamais ! Le faisant remarquer un jour à la personne concernée, elle me répond que je connaissais mieux le département qu’elle et que de surcroit elle ne s’intéressait qu’à la zone côtière. Merci pour Vitré, Fougères, Redon, etc. !

Dois-je mentionner aussi les chargés de comm’ interrogés qui m’enjoignent de regarder leur site ? Cela m’est arrivé avec une grosse structure culturelle rennaise que je devais présenter en 1200 signes. Tellement énervée par cette réaction, j’ai décidé de réduire de moitié l’espace prévu et d’ajouter la Criée qui ne figurait pas dans le synopsis.

Vous voulez encore une anecdote ? Celle-la concerne Brest. Dans le synop’, je devais conclure le texte d’introduction par une phrase sur l’ouverture du futur Musée des phares et balises « en 2021 ». Devant bien sûr vérifier l’info, j’appelle l’office de tourisme qui m’enjoint d’appeler la mairie qui me suggère de contacter la Métropole. Là, on me recommande de contacteur la CCI où une femme plus investie m’apprend que c’est un projet Région-département. Youpi ! Connaissant l’efficacité de l’attachée de presse du Conseil régional, je l’appelle, elle m’apprend que la maîtrise d’ouvrage est plutôt déléguée au Conseil départemental. Et me donne le 06 et le fixe de la personne ad hoc. Comme par ailleurs, je l’ai comme « ami » Facebook, j’ai pensé que j’obtiendrais fissa la réponse. Que nenni ! Une palanquée de tentatives, de messages, voire d’échanges, au bout desquels je suggérais de m’envoyer juste les 4 chiffres (2021 ou 2022 ?) par SMS. Et puis de guerre lasse, j’ai laissé tomber. Figurez-vous que deux mois plus tard, je reçois un appel d’un type (charmant) qui me donne l’info. Le guide était bouclé depuis deux semaines. Je rigole en lui demandant ce qui tout à coup justifiait une réaction. Sa réponse : « j’ai reçu un mail avec votre demande ce matin ». Waouah ! Des fois, on se dit qu’il faut laisser tomber l’informatique et revenir au pigeon voyageur. Précision : l’avant-veille, j’avais vu sur Facebook un message du responsable du service annonçant sa joie de partir en vacances ; j’avais commenté « ah ben, je pensais que vous y étiez depuis deux mois »…

À l’opposé, je voudrais tirer mon chapeau au directeur du musée des beaux-arts de Rennes qui m’accorda un rendez-vous pour échanger sur la notice. Je l’avais informé du nombre de signes que je devais faire. Arrivée dans son bureau, j’eus la surprise de constater qu’il l’avait déjà rédigée au bon format ! On a discuté un peu. Ce dialogue fructueux a engendré quelques modifications. Quand je suis sortie de son bureau, 30 mn plus tard, le texte était prêt !

Vous l’aurez compris, ce travail est un sport de combat, nécessitant une énergie intense. Sept jours sur sept, quand on est sur le terrain… avant d’entamer une (très) longue période devant son ordinateur. Je ne vais pas faire pleurer dans les chaumières sur mes soirées avec Mac. Mais je tiens à mentionner l’étape finale quand l’éditrice te dit qu’il y a trop d’adresses, que ça ne rentre pas dans la maquette. Là, je suis pas cap’ ! Tout le mal que j’ai eu à joindre ces gens ! Car le Covid a écourté mon déplacement. La suite a été incroyablement compliquée. Le boulot que je devais rendre fin novembre l’a été trois mois plus tard – pour pas un kopek de plus (on bosse au forfait) ! J’ai donc laissé ma chef décider de ces suppressions. Oulala, c’est dur quand on découvre qu’une adresse qu’on aime beaucoup a disparu ! Je voudrais donc présenter mes excuses à tous ces gens que j’ai dérangés pour rien. Promis, je me rattraperai en vous citant dès que possible – et puis tiens, je commence avec quelques-uns à la suite de ce billet.

Sachez aussi qu’en pages d’ouverture de chaque département, une personnalité a accepté de me donner ses bonnes adresses et vraiment, je les remercie pour leur gentillesse et leur regard souvent décalé.

Dans le Bretagne nord :

–       Côtes d’Armor, la chanteuse Yelle. Finistère, l’ostréicultrice Caroline Madec. Ille-et-Vilaine : le chocolatier Frédéric Pitron (maison Durand)

Dans le Bretagne sud :

–        Finistère, la navigatrice Anne Quéméré. Morbihan : le documentariste multimédia Djemel Mokkadem. Loire-Atlantique : la journaliste Véronique Couzinou.

A eux et à vous, je souhaite un bel été avec (ou sans) le Géoguide !

 

MCB

 

Les disparus

En hébergements et/ou restauration

–       Ar Duen, hôtel restaurant https://www.arduen.com/ à Saint-Launeuc, micro-patelin des Côtes d’Armor à proximité d’une chouette base de loisirs  (https://actu.fr/bretagne/saint-launeuc_22309/etang-de-la-hardouinais-activites-pour-tous-des-le-7-juillet_42024970.html)

–       Castel Jolly, magnifique chambre d’hôtes à Rennes tenue par un couple fort sympathique https://www.casteljolly.com/

–       Bistrot de l’Arrivée, 35 bd de Beaumont, à Rennes – j’en ai parlé sur mon blog dans la série « Terrasses » http://bistrotlarrivee.bzh/

–       Légèrement sucré, une pâtisserie exceptionnelle à Lamballe https://m.facebook.com/legerementsucre/

La Végétalerie, jardinerie, salon de thé https://www.facebook.com/lavegetalerie/, le 1701, bar restaurant avec chouette jardin et plein d’animations https://www.facebook.com/le1701/; la Bergerie, restaurant avec épatant jardin, https://www.labergerie-stbrieuc.fr/. Tous trois à Saint-Brieuc.

En activités

–   Les P’tits Bateaux et la Capitainerie, pour naviguer sur l’Ille à Rennes avec des petits bateaux électriques et boire un coup au bar de la Capitainerie. Trop sympa les soirs d’été ! https://www.lesptitsbateaux-rennes.com


1 commentaire

Philippe Violanti · 29 juillet 2021 à 16 h 20 min

Bien lu le terrain d’aventures ! la bise breizh du jour !

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