Et bien voilà, le père Noël est passé mais restent les cadeaux … et les souvenirs ! Et à propos de ce personnage, j’ai un souvenir ému en regardant cette photo prise à mon dernier cours sur Noël à l’ESRA. En tant que prof de culture générale, j’abordais tous les phénomènes sociétaux et culturels et les intercations entre les mondes (temporels et géographiques). Donc pour Noël, je racontais ceci :

« Avant l’apparition du christianisme, l’époque du solstice d’hiver était déjà une période charnière de l’année, au cours de laquelle s’exprimaient les croyances relatives à la fertilité, la procréation et à l’astronomie. Les peuples préhistoriques adoraient la lumière et ils avaient construit des temples qui aidaient à comprendre le cycle des saisons pour les premiers agriculteurs du néolithique. Ainis, dans le temple mégalithique de Newgrange (Irl) et à la Roche-aux-Fées (35), la lumière du soleil n’entre jusqu’au fond que le jour du solstice d’hiver! En ces temps-là, les Celtes faisaient de grands feux pour conjurer les ténèbres; ils avaient très peur de ces périodes sombres durant lesquelles le jour durait moins longtemps et ils aspiraient au retour du soleil pour réchauffer le sol et les plantes. En Egypte, on honorait Isis, souvent représentée accroupie tenant l’enfant Horus dans son giron (préfiguration de la Vierge Marie tenant l’enfant Jésus sur ses genoux). Les juifs commémorent la ré-inauguration du Temple de Jérusalem profané par les Grecs, au voisinage du solstice d’hiver lors de la fête juive de Hanoucca. Les Romains fêtaient les Saturnales en saluant la naissance du soleil invaincu au solstice d’hiver (vers le 21 décembre). Venu de Perse, ce culte de Mithra s’est répandu au IVe et IIIe s av. J.-C. et se concluait par le sacrifice d’un taureau, le Sol Invictus correspondant à la naissance du jeune dieu solaire, censé surgir d’un rocher ou d’une grotte sous la forme d’un enfant nouveau-né. Bref, l’idée de la naissance d’un être sauveur n’appartient pas qu’aux chrétiens.

Ensuite, je présentais tous les rituels apparus au fil des siècles en Occident. Sapin, bûche, crèche, santons, etc… et l’inévitable Père Noël, auquel certains adultes croient encore (je blague, quoique…). Alors je concluais mon cours par cette analyse tordante de son éventuelle existence.

 Le Père Noël d’un point de vue scientifique

« Il y a approximativement deux milliards d’enfants (moins de 18 ans) sur Terre. Cependant, comme le Père Noël ne visite pas les enfants musulmans, hindous, juifs ou bouddhistes (sauf peut-être au Japon) ceci réduit la charge de travail pour la nuit de Noël a 15% du total, à108 millions de maisons, en présumant que chacune comprend au moins un enfant sage.

Le Père Noël dispose d’environ 31 h. de labeur dans la nuit de Noel, grâce aux différents fuseaux horaires et a la rotation de la Terre, dans l’hypothèse où il voyage d’Est en Ouest, ce qui parait d’ailleurs logique. Ceci revient à 967,7 visites par seconde. Cela signifie que pour chaque foyer chrétien contenant au moins un enfant sage, le Père Noel dispose d’environ un millième de seconde pour parquer le traineau, sauter en dehors, dégringoler dans la cheminée, remplir les chaussettes, distribuer le reste des présents au pied du sapin, déguster les quelques friandises laissées a son intention, regrimper dans la cheminée, enfourcher le traineau et passer a la maison suivante.

En supposant que chacun de ces 108 millions d’arrêts sont distribués uniformément a la surface de la Terre (hypothèse que ns savons fausse, bien sur, mais que nous accepterons en première approximation), nous devrons compter sur environ 1,4 kms par trajet. Ceci signifie un voyage total de plus de 150 millions de kms, sans compter les détours pour ravitailler ou faire pipi. Le traîneau du Père Noel se déplace donc a 1170 kms /sec (3000 fois la vitesse du son). A titre de comparaison, le véhicule le plus rapide fabriqué par l’homme, la sonde spatiale Ulysse, se traîne a 49 kms par seconde et un renne moyen peut courir au mieux de sa forme a 27 kms/h.

La charge utile du traîneau constitue également un élément intéressant. En supposant que chaque enfant ne reçoit rien de plus qu’une boite de Lego moyenne (1 kg), le traîneau supporte plus de 500 000 tonnes, sans compter le poids du Père Noël lui-même. Sur Terre, un renne conventionnel ne peut tirer plus de 150 kg. Même en supposant que le fameux « renne volant » soit dix fois plus performant, le boulot du Père Noël ne pourrait jamais s’accomplir avec 8 ou 9 bestiaux; il lui en faudrait 360 000. Ce qui alourdit la charge utile, abstraction faite du poids du traîneau, de 54 000 tonnes supplémentaires, nous conduisant a bonnement 7 fois le poids du Prince Albert (le bateau, hein, pas le monarque).

600 000 tonnes voyageant à 1170 km/sec. créent une énorme résistance à l’air. Celle-ci ferait chauffer les rennes, au même titre qu’un engin spatial rentrant dans l’atmosphère terrestre.Les deux rennes en tête de convoi absorberaient chacun une énergie calorifique de 14 300 millions de joules/seconde. En bref, ils flamberaient quasi instantanément, exposant dangereusement les 2 rennes suivants. La meute entière de rennes serait complètement vaporisée en 4.26 millièmes de sec., soit juste le temps pour le Père Noel d’atteindre la 5ème maison de sa tournée.

Pas de quoi s’en faire de toute façon, puisque le Père Noël, en passant de manière fulgurante de zéro a 1170 km/s en un millième de sec’, serait sujet a des accélérations allant jusqu’a 17 500 G’s. Un Père Noël de 125 kg (ce qui semble ridiculement mince) se retrouverait plaqué au fond du traineau par une force de 2 157 507,5 kilos, écrabouillant instantanément ses os et ses organes et le réduisant a un petit tas de chair rose et tremblotante.

C’est pourquoi, si le Père Noël a existé, il est mort maintenant ».

Fin du cours.

Là, comme certains élèves simulaient des expressions de tristesse, je sortais de ma besace une tenue de Père Noël. Je l’enfilais en disant que j’avais des cadeaux pour eux et je distribuais les pages d’examen de fin d’année.

Conclusion pour atténuer votre peine, à vous, chers lecteurs :

–       Si le père Noël a ressuscité, il habiterait au Kirghizistan, vrai centre  géographique des zones concernées – selon des études récentes et sérieuses (forcément)

–       Depuis 1999, il existe un arrêté municipal dans la municipalité de Sainte-Gemmes-sur-Loire (49) qui accorde, à titre exceptionnel et à chaque Noël, la gratuité des pâtures de l’Ile-aux-Chevaux pour les rennes du Père Noël…

Si c’est pas la preuve qu’il existe !

Dans la galerie de photo, j’en ai mis une du château de Trévarez (29) où se déroulent chaque année de merveilleuses manifestations liées à Noël. Celles de 2020 ont été annulées et sont reprogrammées en 2021.


2 commentaires

Apines · 30 décembre 2020 à 13 h 54 min

Bien calculée cette histoire mère noël ! 🤶🤶🤶

Dominique Boscher · 30 décembre 2020 à 15 h 10 min

Merci Marie-Christine pour le cours d’Histoire Sainte… qui remet les pendules à l’heure (d’hiver évidemment). Et merci pour l’éclat de rire sur la théorie scientifique du Père Noël !!

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