Curieux samedi en ville. Le premier jour de semi-liberté a été marqué par deux événements majeurs : la manifestation contre la loi Sécurité globale et la réouverture des commerces. Les réseaux sociaux ont abondé en réactions énervées sur les actions des casseurs et sur le consumérisme. M’étant livrée aux deux exercices, j’ai envie de vous raconter ma journée.

Elle a commencé par le rendez-vous à République donné (entre autres) par le Club de la Presse de Bretagne. Sous un soleil radieux, nous nous sommes dirigés vers la place de Bretagne (et pas « Anne de Bretagne », comme écrit dans Ouest-France ! Tout fout le camp, ah ah !).  En longeant le bd de la Liberté, j’engage une causette avec des étudiants. Ben oui, ils avaient un chouette logo « Union Pirate » et dès que j’en vois, je biche (pas à cause de Johnny Depp aux Caraïbes mais de ma passion pour le chant de marin). Une jeune femme m’offre un autocollant et tout en marchant, je parle avec Thomas, étudiant en histoire L1 à Rennes 2. Il m’expose l’action de ce syndicat apolitique et rassembleur : mise en place de paniers avec des producteurs locaux, création d’une épicerie solidaire et distribution de garnitures périodiques pour les filles (il avait tenté de lancer cette initiative dans son lycée de Savenay mais elle n’a pas été soutenue par la direction – ben tiens, des fois que … pfff… j’ignore les motifs du proviseur mais il doit y avoir du « pas de vague », y compris menstruelle !). Trop heureuse de découvrir des étudiants engagés et motivés à Rennes 2 – loin des décérébrés que j’avais en Infocom !

Au Champ-de-Mars, j’échange avec quelques amis et on se dit « bizarre, on avait l’impression qu’il y avait plus de monde au départ ». En remontant la rue Maréchal Joffre, je comprends : un autre cortège s’est constitué. Je le suis un moment, en sentant une autre ambiance. Je reprends mon vélo, je remonte la rue Jean Jaurès pleine de véhicules de CRS et de Robocops. En m’éloignant, j’entends les bruits caractéristiques d’une manif’ qui dégénère. Et je rentre chez moi. Deux heures plus tard, une amie du centre-ville me dit au téléphone que c’est le bordel, des feux, des sirènes, des cris. J’attends une heure avant de repartir dans le centre. Tranquille… jusqu’à ce que je vois que la rue Jean Jaurès est interdite.

Du coup, je me dirige vers la place de la mairie. Façade de l’opéra magnifiquement illuminée. Achat de marrons grillés. Eclats de rire des enfants sur le manège. Visages souriants des parents…. Un autre monde ! Je poursuis vers la place du Parlement. Façade du parlement somptueusement mise en lumière. Des gens qui papotent, assis sur les bancs de granit ou sur les marches. Sérénité…

Rue Nationale… ah, les voilà les adorateurs du dieu Commerce, faisant la queue devant la boutique Nespresso !

Rue Hoche, je taille une bavette avec Sylvain Langlois qui a sorti les bouquins sur le trottoir de sa galerie-librairie Exercices de style. Plus haut, j’achète une bouteille de vin à la Cave du Sommelier (24 rue Hoche).

Contour Saint-Aubin, je parle avec Virginie à la fenêtre de son appartement : militante, elle utilise ses fenêtres comme support d’info avec ses affiches bricolées. Marrante ! Je les lis toujours en passant et là, on a pu se parler.

Place Hoche, les bouquinistes sont sur le point de remballer. Tiens, je vois sur l’étal de Jacques Ars le livre « Rennes d’antan » (écrit par moi-même, je vous le recommande !) à 13€.  Petit bavardache avec Irène, sympathique Allemande spécialisée en BD. Et je m’engouffre dans un espace urbain un peu à part, le fond du Passage des Carmélites. Alice y ouvre (enfin ! le Covid a retardé l’affaire) Vacarme, très bel espace dévolu aux vêtements vintage, aux plantes d’appartement et à la brocante seventies. L’ouverture de la partie café est différée bien sûr, mais ça n’empêche pas Alice de m’offrir une Britt. Un bonheur décuplé par le fait d’avoir déniché la sacoche de mes rêves (20€) « elle appartenait à Thomas, je lui dirai qu’elle sera dans de bonnes mains » précise Alice. Dire que je suis au pays des merveilles est tentant, mais faut pas exagérer non plus ! Allez, encore un plaisir : rue des Fossés à la galerie de Clotilde Audroing-Philippe où je feuillette un beau livre sur Saint-Malo illustré par ses photos et j’admire les travaux en bois d’Hélène pour TiLab. Ses lampes m’évoquent les formes des cases du musée Jean-Marie Tjibaou (arch. : Renzo Piano) en Nouvelle-Calédonie.

 

Et la soirée se termine chez moi avec une soupe partagée devant la cheminée avec un voisin – on s’est lancé dans une sorte de concours de « la soupe de la semaine » ; la mienne : rutabaga, oignon, pomme de terre et poireau.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Ah oui, je voulais juste dire que Rennes n’était pas que la ville à feu et à sang que certains regardent avec une loupe. Il y a une vie à côté…

 

Exercices de Style. 18 rue Hoche, 06 10 22 90 45

http://www.exercices2style.fr/

Vacarme, 17, passage des Carmélites. 06 51 85 53 84

 http://www.vacarme.myshopify.com/

 

https://www.lacavedusommelier.fr/

 

http://clocoloursphoto.fr/fr/accueil.html

 

https://www.tilabhelene.fr/

 


2 commentaires

Sachot France · 30 novembre 2020 à 11 h 04 min

Merci pour cette jolie ballade et ce témoignage d un engagement très citoyen.

Pierre Halong · 30 novembre 2020 à 12 h 23 min

Merci Marie-Christine

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