Fructueux parcours que celui de Géraldine ! Journaliste indépendante, ex-grand reporter à L’Expansion et à L’Express, elle a décidé de s’investir davantage dans un domaine qui l’intéresse depuis l’enfance, grâce à son grand-père. Après avoir enquêté dans les filières de l’agro-alimentaire, elle a publié Les Réseaux de la malbouffe (JC Lattès, 2015).

Consciente qu’on ne réglera pas la question du réchauffement climatique en un claquement de doigt, elle se penche sérieusement sur la façon dont on peut cuisiner en réduisant son empreinte écologique. Un moment, elle a pris la tangente, le temps de décrocher un CAP de cuisine et de travailler dans la restauration, en qualité de chef pendant six mois. Elle y a exercé son regard curieux et enjoué avant de se replonger dans l’écriture.

Fin 2019, elle a publié La cuisine d’un monde qui change (Les Éditions de l’Épure) dans lequel elle détaille l’urgence et le champ des possibles. Un sillon qu’elle continue de creuser lors de rencontres comme celle organisée récemment par la bibliothèque des Champs-Libres, animée par l’épatante Juliana Allin – elle-même experte et passionnée de cuisine.

 

Géraldine incite à adopter chaque jour les gestes qui comptent en cuisine afin de réduire notre empreinte écologique. Les solutions ? Elles les repèrent un peu partout, tapies dans notre assiette, notre frigo, notre cabas, notre téléphone, notre poubelle, sous le couvercle de nos fourneaux, jusque dans les cantines de nos enfants et les cuisines de nos bistrots de quartier. Au fil de ces pages, on trouve des gestes, des astuces, des règles (de bon sens parfois), des démonstrations – par l’exemple toujours. Sans dogmes, ni injonctions, elle pousse chacun à trouver sa voie selon ses envies, ses moyens, ses convictions. Au fil de 13 thématiques que voici :

–      On tutoie la nature (en ayant recours aux produits issus d’une agriculture respectueuse)

–      On court-circuite (avec des exemples formidables de fermes urbaines, à Aubervilliers, à La Courneuve, à Romainville… et bien sûr, les AMAP, les boutiques coopératives et les ventes sur sites comme La Ruche qui dit oui, Au bout du champ, La louve…)

–      On pâture (sale temps pour la viande !)

–      On rémunère (…« les pères nourriciers de l’humanité » comme dit Michel Serres et comme revendiquent des films comme « C’est qui le patron ? », « Justes et Vendéens », « Les éleveurs vous disent MERCI »)

–      On mitonne (savoir utiliser les produits un peu fatigués au lieu de les jeter)

–      On préserve (où elle nous casse un peu le moral avec « la vision romantique de la pêche dans les eaux poissonneuses » quand on est chez le poissonnier)

–      On libère (avec une injonction à consommer des œufs marqués 0 – de poules bio- et fuir les 3, pondus en cage)

–      On trie (ah, le poison du plastique qui nous rend tant de services depuis 60 ans ! D’ailleurs, il y en avait sur la table des intervenantes. Dommage !)

–      On se connecte (du bon usage du téléphone portable pour identifier la composition et le bilan carbone de nos assiettes)

–      On éduque (… nos enfants au goût et à l’écologie dès le plus jeune âge)

–      On éveille (sur la nécessité de parler des chefs pas seulement quand ils perdent une étoile, mais en fonction de leur éco-responsabilité. Un macaron blanc Ecotable signale une démarche louable et «ne serait pas un énième gadget pour attirer le chaland »)

–      On reste vigilant (… sur l’attitude des grands manitous de l’agro-alimentaire. Carrefour, Super U, Danone clament leur volonté de vendre plus « vert ». Voire…

Chaque partie est accompagnée de recettes dont voici un aperçu :

Potage butternut/topinambours/tranches de pieds de cochon gratinées,

Salade de fèves, petits pois, pistaches, asperges/tomates cerises confites,

Raviolis de chou-rave/noix de cajou/betteraves/aneth,

Arancini aux restes de la veille,

Chili con carne à la queue de bœuf,

Tagliatelles de seiches/chorizo/mogettes/ poivrons,

Harengs marinés à l’orange et à l’anis,

Bonet piémontais aux kumqats confits à la vanille, etc.

En conclusion, Géraldine assure qu’il ne s’agit pas de « revenir à l’époque où la famine sévissait », ni de vivre comme des Amishs chers à notre président. Non. L’agriculture de demain doit être « innovante, connectée, précise », et l’écologie « enthousiasmante ».

Et moi, je m’enthousiasme en voyant les initiatives locales citées par des participants à cette rencontre, telles les associations La bonne assiette, VRAC, etc…

http://www.bonneassiette.org/

https://vracvillage.com/

https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-un-grand-marche-vrac-ouvrira-en-septembre-6849831

Dès que possible, je retourne à Thorigné-Fouillard, cueillir mes légumes. Mais au fait, ne serait-ce pas pour faire « des achats de première nécessité » ? Ah, ce confinement, quel casse-tête !  https://www.cueillettethorigne.fr/

 

 

La Cuisine d’un monde qui change

Collection Mise en appétit

Auteur : Géraldine Meignan Format : 220 x 110 mm
112 pages + couverture
Prix public : 12 euros  www.epureeditions.com  https://www.epureeditions.com/collection-mise-en-appetit/la-cuisine-d-un-monde-qui-change-220-45.html

 


1 commentaire

Catherine BERRANGER · 16 novembre 2020 à 10 h 42 min

Quel bel article ! Il donne envie de rencontrer Géraldine, de lire son livre, et de continuer à progresser au quotidien pour conjuguer éthique avec diététique 😉

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