Claude, je le croisais rue Hoche dans les années 70. Il était étudiant à l’école des beaux-arts et moi en architecture, dans la même rue. J’avais repéré ce jeune homme élégant au look romantique. Mais nous n’avons pas eu l’occasion de faire connaissance, jusqu’à ce que…. Quelques années plus tard, une amie croisée dans la rue m’invite à aller boire un verre chez elle. Son compagnon arrive et … que vois-je ? Le romantique de la rue Hoche !

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Claude, « mon ami de 30 ans » (qui vont sur les 40 !).  Quarante ans de petites et grandes bouffes, de vacances, de réveillons, d’anniversaires, de week-ends, de coups de main, de coups de blues, mais surtout un amour commun pour la culture. Ciné, concerts, théâtre, danse, opéra, expos… que d’échanges et de plaisirs partagés ! Mais ce qui m’amène à vous parler de Claude, c’est qu’il expose pour la première fois. C’est à Rennes, au Lavoir.

Pour la première fois, vous dites-vous ? Mais qu’a-t-il fait pendant toutes ces années ? A-t-il dansé ? A-t-il chanté ? Non point. Il a commencé par donner des cours de peinture sur soie – alors très tendance – à l’école du Vieux-Cours. Parfois il travaillait avec Annick du Bouëxic à la création de stands de salons. Un jour, cette femme avec qui il avait appris le traitement du volume aux beaux-arts, lui propose de faire la vitrine d’un magasin de lingerie « Mademoiselle Jouin ». Cette collaboration a fait tache d’huile et lancé Claude comme un des étalagistes les plus courus de l’Ouest. Trente ans pour Yves Rocher, dix ans pour Du bruit dans la cuisine, de nombreuses interventions pour des opticiens (Bourgeois et Laurence Taillandier à Rennes, Philippe Taillandier à La Baule) et pour des parfumeurs (dont le  très baroque Arabian Oud sur les Champs-Elysées) et un détour par la Boite à bas, rue Jules Simon à Rennes. 

Le confinement a forcément limité les interventions et a surtout donné à Claude l’envie de se raccrocher aux pinceaux. « Pour mon premier tableau, j’étais extrêmement angoissé » assure le jeune peintre qui a quand même pris des cours à l’atelier de peinture du Lavoir. Séduite par son travail, la responsable des lieux, Christine Van Geen lui a proposé de l’exposer.

 

Voici le texte que j’ai rédigé pour présenter son travail :

 

Paysages rêvés, une exposition de Claude REBOUL

 

Certains rêvent de Tombouctou, d’autres de Surabaya, de Missoula ou d’Ushuaïa… Lui rêve de Méditerranée. Celle à qui une fée a donné son décor et sa beauté. Celle qui nourrit les chimères de Claude Reboul. Ne cherchez pas dans ses tableaux à reconnaitre des calanques, une dune ou une pinède. Mais il y a un peu de tout ça. Une sorte de synthèse de ce qu’il a vu et vécu lors de son enfance au Maghreb et de ses voyages des deux côtés de Mare Nostrum. Son œil a aussi intégré des paysages de Bretagne où il vit après y avoir effectué ses études à l’école des beaux-arts de Rennes (époque Boilève et Bessou).

Sa riche et joyeuse palette décline tous les bleus du ciel et de la terre : le Majorelle, bien sûr, mais aussi le bleu pastel (introduit par les Maures en Europe), le bleu pétrole (Algérie oblige), le bleu de cobalt cher à Van Gogh, voire l’indigo, la septième couleur de l’arc-en-ciel, celle des crépuscules africains. Ses bleus dialoguent essentiellement avec le jaune, tantôt fleur de soufre, moutarde, vénitien, sans oublier le beurre – Claude est gourmand ! Le peintre complète sa gamme chromatique avec quelques touches de rose (le très distingué rose Mountbatten) ou de vert, qui, quand il surgit, flirte avec le cyan et oscille entre amande et olive (toujours la Méditerranée). Tout juste si on distingue quelques touches de kaki (réminiscences militaires ?). Quelques ocres apparaissent dans ces tableaux, résurgences de l’erg ou de la montagne Sainte-Victoire.

Entrez dans les paysages rêvés de Claude et fermez les yeux. N’entendez-vous pas le gai refrain des tambourins et le tremolo des mandolines ?

MCB

 

A voir jusqu’au 4 novembre.  26 rue de Léon, Rennes (dans la cour)

Du lundi au vendredi, de 9h à 18h sur rendez-vous via : contact@lelavoir-ateliersreunis.fr


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