Se mettre au vert

Aujourd’hui, je vous écris de mon jardin. Sous la pluie. Ben oui, faut bien cueillir les fraises, la menthe et les pissenlits du jour. Le # 40 ! Oh la la, si on m’avait dit ça quand je me suis lancé le défi de publier un billet par jour, que ce confinement durerait tant ! With a little help from my friends, certes – d’ailleurs, les copines commencent à faiblir, là…

Donc, en ce dernier jour d’avril où on ne se découvre pas d’un fil, je regarde dans le rétroviseur de ce printemps de m…. et je fais le point sur les grandes décisions de départ, qui étaient :

–       Ranger la maison. Bon, le grand ménage de printemps, c’est pas mon kif ! D’autant plus qu’il faudra le refaire en été, en automne, etc…

–       Pratiquer l’on-nomi, le concept japonais de vivre sa vie sociale sur Skype, Messenger, FaceTime, WhatsApp et autres trouvailles internautiques. « Boire en ligne », ça me gonfle (je préfère la pratique de l’apéro-trottoir) ! J’ai même essayé le cinéma à la maison, pour soutenir l’Arvor, mais un film sur mon ordi, sans potes avec qui échanger après (et sans le börek ou la pizza à la sortie), ça me déprime.

–       Rattraper les séries et les films en retard. Pfff… j’ai été jusqu’à réessayer Meurtres au Paradis (sur le conseil de Xavier Leherpeur) et tenter Réunions, des nouilleries exotiques affligeantes. Je me suis même replongée dans « Plus belle la vie » et dans « Candice Renoir ». C’est dire !

–       Se mettre à la cuisine et à la pâtisserie. Ça oui, c’est super cool. Surtout quand on a des amis et des voisins avec qui on échange ses expériences culinaires. Encore plus drôle quand on a un jardin avec plein de « mauvaises herbes ». Je suis devenue experte dans l’usage des orties et des pissenlits !

–       Prendre soin de soi. L’injonction de la presse féminine à profiter de ce temps figé pour se mettre à jour côté épilation, sourcils et ongles, me barbe. Par contre, la marche quotidienne : obligé ! Profiter de cette heure autorisée pour partir à l’ouest (max : la place du Parlement), à l’est (max : l’église Jeanne d’Arc), au sud (non, je ne fais pas de jogging au bord de la Vilaine) ou au nord (ah ! le bonheur de marcher le nez en l’air dans le quartier Sévigné !)

–       Réfléchir à sa vie passée. J’ai décidé de dresser la liste des personnes qui ont compté dans ma vie et influencé mon développement. Chaque jour, un nom. Après la famille, les Louvignéens (ceux de mon patelin d’enfance), j’ai constaté que ça tourne beaucoup autour des enseignants et des amis – parfois à l’insu de leur plein gré, comme on disait aux Guignols !

–       Se mettre au vert. En ce jour où on s’inquiète de savoir si son département sera vert ou rouge, je suis le conseil de mon amie Babeth et je me lance dans la fabrication de ma lessive écologique, à base de lierre. J’adooore le lierre ! C’est une plante toujours verte, au graphisme élégant, parfaite pour couvrir des murs moches. Je m’en sers beaucoup en déco, notamment dans la période de Noël. Cette plante symbolise l’amitié, la poésie, la fidélité et l’attachement – ça, on s’en serait douté, car elle attache parfois un peu trop ! Dans la mythologie grecque, le lierre était l’attribut de Dyonisos (mon dieu préféré avec son cousin romain Bacchus). Chez les Celtes, il était associé à Donar, le fils d’Odin ; nos ancêtres en consommaient pour ouvrir les portes de l’au-delà – désolée, Aldous Huxley, tu n’as rien inventé ! Les collègues de Panoramix estimaient que sa consommation protégeait de l’ivresse et s’en servaient aussi dans la confection de philtres d’amour.

Pour en savoir plus : https://1001symboles.net/symbole/sens-de-lierre.html

En attendant de tester ses pouvoirs relatifs à l’ivresse (pour soigner la cuite envisagée à la libération du 11 mai), je vais vérifier ses vertus nettoyantes avec la lessive au lierre. Il faut prendre le grimpant, Hedera helix L., et pas le terrestre, Glechoma hederacea. Il contient de la saponine en concentration importante (entre 5 et 8%). Cette molécule sert à faire mousser et nettoyer – d’ailleurs “sapo” signifie savon en latin. Voyez la recette sur : https://deconsommateur.com/lessive-au-lierre/

 

Allez, en attendant de déconfiner, déconsommons !

MCB

 

 

 


1 commentaire

AME Martine · 2 mai 2020 à 11 h 19 min

Un ton humoristique où perdure ce bel esprit curieux de tout ! Merci MCB

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