Bancs publics … Sans public !

On a tant aimé se bécoter sur les bancs publics ! Et aussi reprendre en chœur la chanson de Georges Brassens ! Le banc incarne pour moi la quintessence de l’urbanité. J’enrage donc quand des collectivités locales les suppriment ou en installent des anti-sdf. Comme c’est le cas place de Bretagne à Rennes. Où, du coup, la population concernée s’assoit par terre – sauf devant la banque (CMB, je crois, qui gagne le pompon en matière de chasse aux clodos. Les pauvres, où sont-ils confinés ?)

Deux bancs autour de la table ? Et bien, on ne compte pas le nombre de chaises pour installer le popotin des copains. On se serre un peu, c’est tout.

Un banc dans un parc ? Bienvenue à Eleanor Rigby pour nourrir les pigeons ; aux mamies pour contempler avec nostalgie (ou pas !) les enfants qui jouent ; aux livres volontairement abandonnés pour une adoption hasardeuse….

Un banc dans l’espace public ? C’est « une source de lien social et de bien-être ». Cette dimension échappe malheureusement à certaines communes où il est progressivement banni. Au point que des citoyens se rassemblent car ils y voient « un parfait outil pour redonner de la vie, du confort et de l’animation à leur ville ». Ainsi, à Toulon, l’association Robin des bancs milite de façon originale pour enrayer ce processus, en organisant par exemple des flashs mobs comme relate Var Matin.

Lu dans un autre article de Var matin

« On l’a d’abord raboté, puis coupé en deux, pour éviter qu’on s’y allonge. D’autres l’ont ensuite carrément supprimé, en le sacrifiant sur l’autel des nuisances sonores qu’il peut générer. Aujourd’hui, le banc public n’est plus à la fête. De nombreuses communes de la région veulent sa peau. Un gros coup dur pour les amoureux de Brassens qui doivent désormais trouver d’autres alternatives pour pouvoir se bécoter tranquillement…

A l’inverse, les fervents défenseurs des places assises sont de plus en plus nombreux. Partant du principe qu’il n’y a pas d’âge, ni d’heure, ni de sens, ni même de position, pour poser son postérieur sur un banc public, eux regrettent qu’on fasse du banc un simple bouc émissaire.

« C’est dommage de priver toutes les personnes qui voudraient s’asseoir sous prétexte que certains bancs sont occupés par des SDF ou des jeunes qui jouent de la musique », déplorait la responsable de l’association Robin des bancs ».

Vous vous dites : pourquoi nous parle-t-elle de bancs en pleine période de confinement ? Et bien, c’est pour vous faire découvrir le sketch Sans public, une émission d’humoristes suisses au talent fou. Ils réécrivent les paroles de la chanson de Brassens avec finesse et humour et les interprètent dans des situations du début de pandémie, quand les matchs et les messes se déroulaient encore. Le chanteur, les joueurs de hockey sur glace, les organisateurs d’une fête annulée … jusqu’au curé qui se retrouve sans public.

Bravo les Suisses !

Vivement qu’on retourne sur les bancs publics !


1 commentaire

Léonore · 1 avril 2020 à 16 h 56 min

Merveilleux cet article, ça change des thèmes abordés en période de confinement et c’est doux de se rappeler l’utilité d’un mobilier urbain si utile et malmené !

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