Quand on vous parle de sarrasin, il vous vient peut-être à l’esprit la marionnette de Philippe de Villiers aux Guignols qui clamait « Sus aux sarrazins ! » ou le « Messire, un Sarrazin ! » poussé par Christian Clavier dans les Visiteurs https://www.youtube.com/watch?v=67M2YsNnXSg

Ce dont je voulais vous parler n’a rien à voir… quoique ! Il se dit que les Sarrazins y seraient pour quelque chose dans l’introduction de cette plante en Europe occidentale.  C’est du moins ce qu’affirmaient Bertrand Denis (maître cuisinier et orfèvre en la matière) et Simone Morand, la grande papesse des traditions culinaires bretonnes. Pour eux, le blé noir fut découvert en Orient à l’occasion des croisades et on lui donna le même nom que les « musulmans-qui-menaçaient-notre-civilisation »

Dans son ouvrage « Vive le blé noir » éditions Trop Mad https://www.tropmad.com/ ), Eric Jubin raconte lui, que « le blé noir était cultivé à grande échelle en Chine aux Xe et XIIIe siècles et qu’il fut « introduit en Europe par la Turquie et la Russie aux XIV et XVe siècles, puis en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis au XVIIe siècle ». Version que corrobore Alice Vasseur dans son ouvrage « Le sarrasin, dix façons de le préparer » aux Éditions de l’Épure https://www.epure-editions.com/ dans cette collection « Dix façons de le préparer », de merveilleux petits livres (8€ !), non illustrés, avec des coutures cahier d’écolier et des pages non rognées (quel plaisir de le faire soi-même !). François-Régis Gaudry les cite souvent dans son émission On va déguster https://www.franceinter.fr/emissions/va-deguster

Alice Vasseur raconte joliment son intérêt pour le sarrasin :

« Je me souviens du vent et des embruns sur mon visage, des herbes chahutées et des odeurs iodées, d’un ciel un peu gris surplombant la mer agitée, et de l’océan à perte de vue. C’est là, près des sentiers côtiers de Bretagne et de Charente, que j’ai découvert une petite graine dont le goût est resté ancré dans mon cœur. Cette graine, c’est le sarrasin. Petite, noire et anguleuse, telle une minuscule pierre noire taillée, la graine de sarrasin provient d’une plante herbacée dont la tige rouge porte des fleurs blanches, presque rosées. Aussi connue sous le nom de « blé noir », elle n’a pourtant rien à voir avec ce dernier. Cousine de l’oseille et de la rhubarbe, cette plante qui pousse sur les sols pauvres et dont le nom a une consonance « rebelle » – le « r » qui gronde et le « s » qui siffle puis bourdonne – pourrait faire penser à un ingrédient indocile et hostile. Pourtant, il n’en est rien…»

Joli, n’est-ce-pas ? Mais qui est cette Alice au pays du sarrasin ? Elle a été initiée à la cuisine dès son jeune âge, derrière les pianos de l’école Le Cordon Bleu https://www.cordonbleu.edu et a décidé quelques années plus tard de transformer sa formation de sciences politiques d’un coup de cuillère magique au profit des sciences du goût. Ce passage en cuisine, associé au plaisir des bons produits et de belles tablées transmis par sa famille, a éveillé chez elle une curiosité qui ne l’a jamais quittée. Elle aime observer, écouter puis goûter pour ensuite raconter ses expériences, mettre en lumière celles et ceux qui composent la partition culinaire de nos assiettes, faire découvrir des lieux et produits inspirants, et éveiller nos sens.

Si je cite les dix recettes de son opus, cela va forcément éveiller vos sens et vous donner envie de sortir de la sempiternelle galette complète (qu’elle n’oublie pas) !

–       Beurre au sarrasin – pour l’apéro

–       Crousti d’hiver – un genre de granola.

–       Sarras’otto aux champignons – version sarrasin du risotto.

–       Nouilles Soba aux aubergines et légumes croquants  – façon nippon.

–       Salades croquantes de saison – en sucré-salé pour l’hiver.

–       Palets aux courgettes et herbes fraiches.

–       Petits sablés sarrasin au « goût de l’enfance »

–       Tartelette choco-sarrasin – inspirée par le chef pâtissier Nicolas Paciello et Eve Cardon, des Nénettes à Vannes. https://www.ouest-france.fr/bretagne/vannes-56000/vannes-place-du-commerce-les-nenettes-une-histoire-de-femmes-chocolat-6567028

–       Infusion Pom’Sobacha – une délicieuse boisson japonaise.

Dernier point : où trouver du sarrasin ? Dans un prochain billet, je vous citerai quelques moulins où s’en procurer en direct en Bretagne, à Rennes-Saint-Grégoire, à Pont-Péan, à Vitré et je vous raconterai l’histoire d’un de mes moulins préférés,  sans doute le « plus petit de France », celui de Sebrevet, à Lanvaudan (56) http://www.moulindesebrevet.com/

Je vous présenterai aussi d’autres manières adoptées par les Bretons pour intégrer le sarrasin (dans la bière, le whisky, le pain, les gâteaux, le chocolat, le thé…) et vous donnerai les adresses des meilleures crêperies. Et là, j’attends vos suggestions !

N.B : vous vous demandez quel est le lien de la photo de bandeau avec le thème ? Il est ténu. C’est juste que j’imagine que ce cavalier porte en lui la fougue qui animait Charles Martel vers les Sarrazins.


5 commentaires

Sylvie K · 19 octobre 2021 à 18 h 22 min

Thé style gemaicha ou le sarrasin remplace le riz soufflé «  Gwenn ha du » de Linfield.

Apines · 20 octobre 2021 à 9 h 51 min

Toujours un plaisir de lire tes commentaires, rapprochements et Histoire 🤩 Jolies découvertes 👏🏻
Marier des huitres plates avec du pain de seigle et du beurre breton: un régal inégalé 🤩

Jourdain · 29 octobre 2021 à 0 h 11 min

Je recommande vivement la crêperie blev hir à Brest

Jourdain · 29 octobre 2021 à 0 h 14 min

Et je recommande également la visite du moulin de keriolet près de douarnenez

Jourdain · 29 octobre 2021 à 0 h 17 min

Et pour en savoir encore plus sur le blé noir https://www.blenoir-bretagne.com/

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